18 août 2009
Francis Bacon - Michael Peppiatt

Francis Bacon... monstre sacré de la peinture, personnage énigmatique et secret a depuis longtemps attiré mon attention par sa peinture originale, torturée dont l'impacte est très souvent immédiat ; ses toiles sont souvent considérées par certains comme violentes. Je pense que son art parle à une partie profonde en chacun de nous...
Bref je cherchais depuis un moment une biographie de l'artiste pour en connaître un peu plus sur son cheminement personnel, qui permette aussi quelque part de comprendre son travail et certaines toiles !
Je me suis donc plongé dans la passionnante biographie écrite par Michael Peppiatt qui se lit comme un roman retraçant la vie de Francis Bacon expliquant que le privé à souvent eu une incidence sur le professionnelle. L'artiste était un incorrigible fêtard qui buvait énormément mais qui avait une résistance hors-norme à l'alcool, il dormait peu et après une soirée bien arrosée il pouvait passer des heures à peindre dans son petit studio. Une force de la nutre !
La biographie dévoile également les affaires de coeurs de Francis Bacon qui pour la plupart ont connues des fins tragiques qui ont toujours hantées l'artiste notamment le suicide à Paris de George Dyer le jour du vernissage de sa première retrospective Française au Grand Palais en 1971.
Et puis il y a le cercle des intimes Jessie Lightfoot la nounou de son enfance avec laquelle il a des liens spéciaux très forts qui le suivra jusqu'à la mort de cette dernière, John Deakin l'ami photographe qui le suivait souvent pendant les folles virées nocturnes pour lequel il aura cette phrase à la morgue quand il est allé reconnaitre le corps "Elle était là, cette folle, et elle avait fermée sa gueule pour la première fois de sa vie", Sonia Orwell, Isabel Rawsthorne, Michel Leiris et la pittoresque tenancière du mythique Colony Room Muriel Belcher dont la disparition laissera Francis Bacon dans le plus grand désarrois...
Les relations de Bacon avec ses ami(e)s étaient proches de ses pratiques sexuelles : sadomasochistes. Il pouvait blesser terriblement les gens qu'il aimait par une simple phrase mais subvenir à leurs besoins si ils leur arrivaient de se trouver dans une grande détresse financière, c'était un homme qui ne comptait pas quand il aimait. D'ailleurs il dépensait tout ce qu'il gagnait....
J'ai dévoré cette biographie et à peine terminé je me suis plongé dans Francis Bacon : L'atelier de Maragrita Cappock et ai regardé sur Youtube un documentaire/interview en 6 parties à voir absolument !
Pour finir la semaine dernière j'étais à Paris et je suis passé rue Birague là où Francis Bacon avait un studio (au n°14). Petit clin d'oeil.

22 juin 2009
Un garçon parfait / Journal d'un apprenti pervers

J'ai remis le nez dans les bouquins et mes premières cibles ont été Un garçon parfait de ALain Claude Sulzer & Journal d'un apprenti pervers du journaliste Alex Taylor.
Un garçon parfait est un cadeau de ma libraire préférée... le roman a eu le prix Medicis étranger et elle ajoute "je pense que tu devrais aimer - tu me diras ce que tu en penses !". Ok ! Au début j'ai un peu traîné les pieds, je dois l'avouer. La mise en bouche a été longue et comme souvent c'est au milieu du roman que ça devient un peu plus intérèssant...
Ernest & Jacob sont serveurs dans un palace au bord d'un lac Suisse, ils partagent la même chambre et s'éprennent l'un de l'autre ; jusqu'ici tout va bien. Mais le drâme survient quand Ernest surprend son amant en train d'offrir ses "services" à Julius Klinger célèbre écrivain installé dans le palace avec toute sa famille....
1936 c'est la guerre et Klinger greffe Jacob à sa famille direction les USA pour fuire l'europe et la guerre, Jacob sera le secrétaire particulier de l'écrivain. Adieux poignants entre les deux amants... puis Ernest n'entendra plus jamais parler de Jacob jusqu'au jour où il reçoit une lettre de ce dernier appelant à l'aide Ernest et son célèbre amant pour le sortir d'une très mauvaise passe... Ernest travaille toujours dans le palace de cet amour perdu et ne sait ce qu'il doit faire - répondre ou oublier à jamais cet amour déçu.
J'ai aimé mais n'ai pas été transporté, ni bouleversé. Alors que tous les ingrédients pour faire un excellent roman dramatique sont là ! A lire quand même.
Alex Taylor... je le regardais à la télé quand j'étais ado et je le trouvais séduisant, troublant. Il était clair que comme moi il était gay - je l'avais mis dans la case "mari idéal"... bref je l'aimais beaucoup et j'ai toujours suivi sa carrière de près ou de loin !
Quand est sorti Journal d'un apprenti pervers j'ai été intrigué, évidemment je me suis dit qu'il fallait que je lise ça. Puis comme souvent je n'y ai plus pensé. Récemment l'une de mes épouses (oui j'ai deux épouses) me reparle d'Alex Taylor puis de son livre qu'elle à lue... de fil en aiguille je me retrouve à lire le livre. Là toutes les idées romantiques que je me faisait d'Alex Taylor quand j'étais ado se sont effondrées - j'étais à des millions de km de penser qu'il était adepte des relations SM/cuir etc... ça ne collait pas avec son image d'anglais parfait, impeccable, poli et tous les clichés que je m'étais fait ! Moi et mes réferences stupides...
Bref j'ai lu tout ça presque d'une traite, j'ai trouvé le tout souvent drôle, parfois impudique. Et puis parallement à l'apprentissage il y a son histoire d'amour avec le garçon avec lequel il vécu et qui est mort du sida...
Comme il le dit lui même le but du livre est surtout de choquer, de bousculer le lecteur.
Moi je pense que c'est surtout l'occasion de parler d'homosexualité, de la découverte de sa propre sexualité, de son apprentissage ! Comment y faire face, comment se construire dans une sociètè qui nous juge et nous compare toujours à un schéma type ! C'est ça que j'ai vu, que j'ai lu.
"Comment voulez-vous qu'un enfant grandisse un tant soit peu normalement lorsqu'on lui fait comprendre, jour après jour, qu'il a intéret à cacher une partie importante, si géniale même, de sa nature profonde ? Comment voulez-vous que ses relations avec autrui, que son épanouissement amoureux n'en portent pas les traces et ceci pendant des années ? Comment voulez-vous qu'il gère un tant soit peu normalement la façon dont il appréhende tout le reste de sa vie, sa propre différence ?"
Finalement mon regard sur Alex Taylor n'a pas changé !
23 octobre 2008
Plus tard ou jamais

J'étais en mal de lecture et ma libraire préférée que je malmenais de ne plus rien me soumettre d'intéressant m'a proposée deux livres qui selon elle pouvaient me plaire... j'ai pris les deux en main puis j'ai dit "Je vais choisir Plus tard ou jamais, l'autre m'a l'air trop tordu et j'ai pas envie de lire ça en ce moment malgré les bonnes critiques..." (me demande pas quel était l'autre livre je n'arrive pas à m'en souvenir).
J'ai dévoré et adoré Plus tard ou jamais d'André Aciman, ce livre m'a renversé littéralement et beaucoup beaucoup ému aussi.
Italie, Elio 17 ans vit avec ses parents dans une grande maison au bord de la mer ; Oliver 24 ans professeur americain de philosophie est accueillit dans la grande maison pour finaliser l'écriture d'un livre. Les deux garçons connaîtront une passion aigues, palpitante et stimulante où chaque mot, chaque silence, chaque geste, chaque regard, chaque absence est décortiquée et interprètée par Elio surtout enflammé par les turbulences de la passion pour Oliver qui le brûle. Naissance d'amour masculine belle et pure. Parallèlement Elio s'éprendra également de sa petite voisine Marzia qui ne réussira pas a lui faire oublier Oliver le charmant, le séducteur...
... le vertige du roman commence vraiment lorsque ce dernier devra repartir pour les Etats-Unis.
Plus tard ou jamais n'est pas une énième histoire d'amour entre deux garçons, c'est un voyage dans les souvenirs, les souvenirs d'une passion incandescente & vivace. C'est aussi le récit d'un amour qui traverse les années sans la salissure des regrets seule une nostalgie mélancolique se faufile ici et là. La dernière partie du livre est pour moi d'une très grande sensibilité et virtuosité qui monte en crescendo tant et si bien qu'à la dernière ligne écrite, au dernier mot lu une larme s'est échappée.
Pour une fois sans révéler la fin j'ai aimé la manière dont l'auteur à terminée le livre sans pour autant que l'histoire se termine... ce livre m'a une touché profondément aussi par le talent et le style de l'auteur qui au fur et à mesure de la lecture t'embarque sans jamais te lacher.
Le genre de livre que l'on relit plusieurs fois !
La quatrième de couverture dit "Dans ce livre magnifique sur les fulgurances du désir..." Effectivement Plus tard ou jamais est "maginifique" de "fulgurance".
Sublissime.
"Tu es trop fin pour ne pas comprendre combien ce que vous avez eu tous les deux était rare, spécial"
"Je pensais plutôt aux mots d'Emily Brontë : parce q'il est plus moi-même que je ne le suis"
"Ecoute, me devança-t-il. Tu as eu une belle amitiè. Peut-être plus qu'une amitiè. Et je t'envie. A ma place, la plupart des parents espéreraient que tout cela passe vite, ou que leur fils retombe rapidement sur ses pieds. Mais je ne suis pas un tel parent. S'il y a du chagrin, chéris-le, et s'il y a une flamme, ne l'éteins pas ne sois pas brutal avec elle... Le manque peut-être un chose terrible quand il nous tient éveillé la nuit, et voir les autres nous oublier plus vite qu'on ne voudrait être oublié n'est pas mieux... Nous arrachons tant de nous-même pour guérir plus vite qu'il ne le faut, qu'à trente ans nous sommes démunis et avons moins à offrir chaque fois que nous commençons avec quelqu'un de nouveau. Mais ne rien ressentir pour ne rien ressentir quel gâchis !"
21 septembre 2008
La meilleur part des hommes

Avant que le roman ne sorte & que je ne parte en vacances mon amie libraire m'avait demandée de lire "La meilleure part des hommes" de Tristan Garcia, elle avait trop de livres à lire pour la rentrée littéraire et pensait que ça m'interesserait ; je devais en contrepartie lui faire un debrief complet pour qu'elle puisse le conseiller ensuite.
J'avais dit oui, j'ai pris le livre dans mes bagages et j'avoue n'avoir lu que quelques pages... c'était les vacances, j'avais la tête ailleurs...
La semaine dernière je me suis dit qu'il était temps (presque trop tard pour mon amie) que je m'y replonge plus sérieusement. J'ai donc lu presque d'un traite le roman. Depuis sa sortie beaucoup de choses ont été écrite dessus, beaucoup d'éloges, de compliments. Car c'est un livre fort, intense, qui secoue aussi ; je l'ai refermé en étant un peu assomé par ce que je venais de lire. Perturbé. J'ai beaucoup aimé.
Tristan Garcia s'est sans nul doute beaucoup documenté pour écrire un tel livre. Il a beaucoup de talent & j'ai aimé son style. Ce livre est une claque.
La meilleure part des homme c'est un quatuor : Elisabeth journaliste à Libération, Jean-Michel son amant philosophe, Dominique journaliste et fondateur d'une association créée pour lutter contre le sida et William ex-amant de Dominique pseudo-écrivain et adepte du barebaking...
Tous les quatres vont voir leurs vies bouleversées, explosées par l'arrivée du sida et des ravages que la maladie va provoquer dans leurs existences. Dominque et William vont mener un combat l'un contre l'autre après s'être aimés il vont se détester dans un climat social et politique perturbé/trouble. Elisabeth sera le lien des trois personnages à la fois confidente et victime des histoires de ses trois hommes... restant cependant toujours fidèle !
"C'était quelqu'un de pur. Au contact du monde, cela donne une personne extrêment sale"
03 août 2008
Le roi des Zoulous

Autant te dire tout de suite que je n'ai pas aimé ce livre de Jean-Jacques Salgon, qui le pauvre n'y ait surement pas pour grand chose... enfin je sais pas, 'faut dire déjà que je n'aime pas son style qui par moment m'a carrément excédè - peut-être pour ça que j'ai mis très longtemps à lire ce livre de 118 pages...
Le roi des Zoulous c'est des parallèles, réfèrences de la vie de l'auteur avec celle de l'artiste Jean-Michel Basquiat qu'il apprécie beaucoup... l'auteur évoque des faits de la vie de tous les jours, des souvenirs, des coincidences etc... avec l'artiste qui semble obsessionnellement habiter l'auteur ; je ne peux pas l'en blamer je suis moi même habité "obsessionnellement" par des artiste ou d'autres gens mais quand on décide d'en faire un roman/livre on essaie de faire en sorte que le lecteur se divertisse ou y prenne un peu de plaisir... et moi du plaisir j'en ai pas eu.
Le livre devient intéressant vers la fin quand l'auteur relate des bribes de vie de Basquiat (que j'apprécie aussi) et ne développe pas assez son entretien avec Suzanne ou sa rencontre avec Maripol elle aussi une icône emblèmatique du New York des 80's... Putain de merde on croit rêver !
Enfin pour moi une grosse déception.
03 juillet 2008
Augusten Burroughs - Possible Side Effects

Après avoir lu en anglais dans le texte le Keith Haring Journal, la bio officielle de keith Haring et Piece by Piece la bio de Tori Amos je me disais que pour ne pas trop perdre mon anglais il fallait peut-être que je me replonge dans un bouquin en anglais. Une nouvelle bio ? Bof, non pas trop envie...
... et puis je venais de terminer le dernier Augusten Burroughs traduit, les traductions de ses romans n'allant pas assez vite à mon et goût et profitant d'un séjour à Paris, j'ai acheté un de ses romans : Possible Side Effects ; il s'agit de nouvelles, donc un format idéal pour une replongée.
Comme je viens donc de te le dire Possible Side Effects est une serie de nouvelles autobiographiques (on y revient finalement) principalemnt basées sur l'enfance d'Augusten Burroughs. C'est souvent amusant et drôle, parfois sans vraiment d'intérêts à part pour le lecteur fan de l'auteur (comme moi) qui retrouvera des bribes d'histoires déjà évoquées dans Courrir avec des Ciseaux et Déboire. Mais la force de Burroughs à captiver son lecteur réside dans sa façon de raconter les histoires, son style, son humour et bien souvent son cynisme aussi. Y'a juste deux ou trois nouvelles un peu pleunichardes... où j'avais envie de lui "trop dure ta vie !!!"
Mais j'ai bien aimé les nouvelles suivantes : GWF Seeks SAME, Getting To No You, Kitty kitty, Taking Tests Taking Things, Moving Violation, Try Ou New Single Black Mother Menu, Little Crucifixions...
Je n'ai pas détesté, mais pas adoré non-plus même si certains passages sont vraiment drôles ; Possible Side Effects s'adresse plutôt aux fans de l'auteur en mal de nouveautés. (D'ailleurs Pensée Magique fraîchement traduit est dans mes prochaines lectures).
Relevé dans le texte : "Once, a client told me to imagine his product in a brand-new way, in order to energize the brand. "Think of it as a dick. And make people want to suck it."". Hilarant !
Message personnel : Augusten j'te kiffe grave sa mére ! Oups !!! Ca c'est fait !
27 juin 2008
Déboire - Augusten Burroughs

On avait laissé l'auteur à la fin de Courir avec des ciseaux quittant la maison de fous du psychiatre chez qui sa mère l'avait abandonné ; on le retrouve à New York travaillant dans la pub.
Tous les soirs après le boulot il retrouve son pote Jim dans un bar à s’envoyer plusieurs verres… sans fin.
Ces retrouvailles deviennent un rituel automatique.
Et à tant boire l’alcool finit par transpirer des pores de sa peau qu‘il soit fraîchement douché ,vêtu de costumes des plus grandes marques de luxe ou pas.
Augusten boit sans jamais semble-t-il s’arrêter ni même prendre vraiment conscience de son état d’alcoolique jusqu’au jour où sa chef lui donne un ultimatum : partir un mois en cure de désintoxe ou perdre sa place dans l’agence !
Au pied du mur il ne peut plus reculer et accepte le deal pour sauver son job ! Là commence le chemin vers la sobriété, les réunions quotidienne aux AA (alcooliques anonymes) et leurs règles de conduite….
Parallèlement débute aussi une prise de conscience sur la vie, l’amour et l’amitié ; avec leur fragilité. Une fois de plus c’est un roman sur la renaissance, le combat contre une addiction, la vision d’un autre soi. A aucun moment l’auteur ne critique la société, le stress au boulot qui pourraient facilement être pointés du doigt comme responsables de l’alcoolémie de l’auteur ! Le roman est écrit avec comme d’habitude chez l’auteur avec beaucoup d’humour, de cynisme et de sensibilité.
Déboire m’a fait prendre conscience que l’alcool est présent partout dans notre vie, dans nos habitudes… alors à la fin du roman je me suis lancé un défi : ne pas boire une goutte d’alcool pendant 30 jours ; première étape de sevrage pour un alcoolique !
Ce challenge à donné lieu autour de moi à quelque réflexions amusantes et étranges du style «Mais enfin t’es pas alcoolique », « Ben tu bois quand même pas autant que lui », « T’exagères pas un peu ? », « Ah ben non, les soirées vont pas être marrantes si tu ne bois pas », «Quoi ? toi ? Tu bois plus ?! »… à l’inverse j’ai aussi eu des phrases d’encouragements et de soutien ; un ami m’a même dit « Même sans alcool tu es toujours d’aussi bonne compagnie » j’avoue que ça m’a fait très plaisir ! Cela dit toutes les manifestations de mes amis n’étaient pas dédaigneuses c’était juste l’expression de leur surprise.
Bilan de l’expérience il a fallut que j’explique 3 milliards de fois la source de cette soudaine sobriété temporaire ; j’ai aussi bien senti le poids de la pression sociale quand tu es en soirée, dans un bar, invité chez des amis etc… ce retrouver dans un lieu de sociabilisation et ne pas boire d’alcool marginalise. J’ai parfois été mal à l’aise.
Cependant ça a été une très bonne expérience et au bout des 30 jours que je m’étais fixé je dois avouer que l’alcool ne me manquait pas et que j’aurais pu continuer sans problème. Vraiment !
Mais je ne vais pas non plus être hypocrite boire un bon verre de Saint-Romain blanc, un Macon Fuissé, un Graves ou même une bière fraîche fait parti des plaisirs de la vie… après il y a aussi la modération…
24 mars 2008
Magical thinking

Alors que je m'apprete à commencer la lecture de Déboire la suite de Courir avec des ciseaux d'Augusten Burroughs j'apprends en lisant le magazine Page des libraires ce week-end que jeudi sort Pensée magique la suite de la trilogie débutée par Courir avec des ciseaux.... j'étais furieux que ma libraire préférée ne m'en ait soufflée mot ! Peut-être voulait-elle seulement m'en faire la surprise... Du coup je vais m'empresser de lire Déboire pour embrayer surement ensuite avec Pensée magique.
Toujours dans ce numéro de Page des libraires on parle de Soleils brillants de la jeunesse de Denton Welch, on en parle avec une grande justesse ! Ah ça oui !
18 mars 2008
Un homme accidentel

Billy Greenfiel est trouvé mort sur le bord de la route d'un quartier chic de Los Angeles. Un flic est chargé d'enquêter sur cette mort ; ladite enquête le mène à interroger Jack Bell coqueluche et star de Hollywood dont le nom et un rendez-vous figurent sur le carnet du mort... tout commence à partir de cette première rencontre entre le flic et la star de cinéma ! Le narrateur et Jack Bell entameront dans la clandestinité une ébauche d'histoire d'amour alors que ce premier est marié et est en passe d'être père... ça sent le mauvais soap américain.
Un homme accidentel est à mon goût un roman paresseux, plusieurs fois pendant la lecture je me suis fais la réflection suivante "mais où Philippe Besson compte t-il nous emmener ?" ; la réponse est : pas bien loin, vers une fin sans suspens et tellement téléphonnée qu'on la voit arriver de très loin. C'est dommage. Tout va trop vite, il n'y a pas d'instants de grace, je m'attendais à des moments intenses entre les deux amants, une fébrilité palpable, des états d'urgence, des violences intérieures que seul l'amour pourrait provoquer ! Non, tout ça est à peine défriché, évoqué, baclé. Presque l'impression de lire une épreuve non-corrigée, un premier jet du roman. Une grande déception.
Cependant je ne peux pas dire que j'ai détesté Un homme accidentel, je suis partagé entre effectivement la déception et la frustration de ce qu'aurait pu être ce roman. Je suis de plus en plus gené par le syndrome Amélie Nothomb de Besson qui se voit obligé de sortir un livre par an (ou presque) au détriment parfois de la qualité.
Je ne désespère pas qu'un jour Philippe Besson me redonne le plaisir de lire un roman que j'aimerais comme j'ai aimé En l'absence des hommes, Son frère, Un garçon d'Italie ou encore Les jours fragiles.
14 mars 2008
Soleils brillants de la jeunesse

Je ne connaissais pas Denton Welch et j'ai lu Soleils brillants de la jeunesse... un titre de livre qui serait le titre parfait d'une chanson, comme l'histoire de ce roman pourrait très bien être le thème d'une chanson.
Soleils brillants de la jeunesse c'est l'histoire d'un été passé à la découverte des autres et de soi-même. Cette histoire est celle d'Orvil Pym qui quitte son pensionnat anglais pour s'enfuir dans la Daimler noire de son père qui l'emporte passer ses vacances dans un hotel avec ses deux frères. L'hotel, son parc et les environs seront autant de terrains de jeux/de je, de lieux propices à la quête du moi profond et troublant d'Orvil qui à 15 ans vivra la transformation, le passage de l'enfance à l'adolescence. Orvil fera des rencontres troublantes, excitantes et des expériences qui l'effraieront autant qu'elles le raviront... jusqu'a ce que l'été se termine...
C'est un roman subtil, roman qui développe plusieurs thèmes si tu lis bien entre les lignes. Un très joli roman qui au fil de la lecture donne au lecteur l'impression de "lire un film".
Et pour donner encore plus envie de lire Denton Welch la préface est signée William S. Burroughs.
Soleils brillants de la jeunesse m'a donné envie de lire d'autres choses de Denton Welch.


